Hausse des aides MaPrimeRénov’, une « mesure en trompe l’œil » selon la Capeb




Hausse des aides MaPrimeRénov’, une « mesure en trompe l’œil » selon la Capeb Législation | 21.03.22

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Suite à l’annonce par le gouvernement des hausses des aides MaPrimeRénov’ pour les PAC et chaudières biomasse, la Capeb réagit ce vendredi 18 mars. Bien qu’elle qualifie cette mesure de « positive », la confédération craint que celle-ci éclipse le Coup de pouce Chauffage, aide supplémentaire et nécessaire au remplacement d’un ancien système de chauffage. De quoi impacter le reste à charge des ménages.

Ce mercredi 16 mars, le gouvernement présentait son plan de résilience économique, avec l'objectif de réduire la dépendance de la France envers les énergies fossiles, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Ce plan s’accompagne d’une hausse des aides MaPrimeRénov’ pour le remplacement de certaines chaudières. Une hausse à laquelle la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb) n’a pas tardé à réagir. Équilibrer la visibilité des aides CEE et de MaPrimeRénov’


Première annonce : du 15 avril prochain à fin 2022, l’aide MaPrimeRénov’ sera gonflée de 1 000 € pour l’installation d’un système de chauffage renouvelable. Parmi ceux pris en charge, on compte les pompes à chaleur (PAC) – même hybrides – et les chaudières biomasse, dont les ventes ont d'ailleurs doublé en 2021. Bien que « positive » pour la Capeb, la confédération décrit toutefois « une mesure en trompe l’œil », au regard du reste à charge pour les ménages les plus modestes. Pourquoi ? Parce qu’elle aura tendance à éclipser les Certificats d’Économies d’Energie (CEE), engagées dans une vague « déflationniste » en cette cinquième période. Une situation qui dissuade notamment les obligés à porter, dès avril, le Coup de Pouce Chauffage. Pour l’heure, aucun obligé - hormis EDF - a pris en charge cette aide supplémentaire dédiée au remplacement d’une ancienne chaudière individuelle au charbon, au fioul ou au gaz, par des systèmes fonctionnant aux énergies renouvelables (biomasse, solaire, thermodynamique). « Or, si l’aide Coup de Pouce Chauffage n’est pas mobilisable pour l’installation d’une pompe à chaleur à 12 000 €, le reste à charge pour les ménages les plus modestes s’élèvera, à compter du 1er avril prochain, à 7 000 € en intégrant l’augmentation de 1 000 €, et non 4 000 € comme aujourd’hui, ce qui inévitablement conduira les particuliers à se détourner de ce type de travaux », expose la Capeb. Selon elle, le gouvernement a tout intérêt à équilibrer la visibilité de l’aide MaPrimeRénov’ comme celle des CEE, afin que le Coup de Pouce Chauffage soit pérennisé par les acteurs de tels dispositifs. « Sans quoi, le secteur sera confronté à un arrêt brutal des travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements. Avec à la clef un désintérêt des entreprises artisanales du bâtiment des dispositifs d’incitation », craint la confédération. D’autant que la révision récente de MaPrimeRénov’ implique également la suppression, au 1er janvier 2023, du soutien à l’installation de nouvelles chaudières au gaz. Si la Capeb applaudit cette initiative, elle « s’étonne » toutefois que cette mesure n'ait pas été prise en concertation avec les acteurs de la filière du chauffage gaz. Virginie Kroun


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